Contrôle de références: 5 minutes pour tout savoir

Vous avez passé l’étape de la candidature. Vous rencontrez le recruteur, l’échange se déroule bien. L’entretien est presque fini et il vous demande s’il peut faire un contrôle de références (aussi appelé prise de références). Difficile de dire non: le recruteur pourrait penser que vous avez quelque chose à cacher.

un recruteur contrôle les références d'un candidat

Mais ce contrôle de références inquiète forcément. Pourquoi le recruteur veut-il vérifier vos références ? N’a-t-il pas confiance en vous ? Que cherche-t-il à savoir exactement ? Que vont lui dire les personnes qu’il va contacter ?

Pour aborder cette étape avec plus de sérénité, il est nécessaire de comprendre comment elle se déroule, à quoi elle sert, ce que dit exactement la loi à ce sujet et les informations que peut demander le recruteur.

Pourquoi contrôler vos références

Un entretien dure peu de temps: 1 heure, 30 minutes, 20 minutes, parfois même moins. Le recruteur pose des questions pour vérifier l’adéquation entre votre profil et celui recherché pour le poste. Il se fait une opinion, une impression aussi. Mais c’est peu pour arrêter un avis clair et définitif. Peu pour se dire avec certitude: “je suis sûr(e) que c’est le bon candidat”.

Si le recruteur a bien une crainte dans l’exercice de son métier, c’est celle de sélectionner le “mauvais” candidat. Celui qui n’aura pas une attitude professionnelle en entreprise. Le candidat qui ne sera pas aussi compétent que ce qu’il a laissé entendre en entretien ou pas aussi investi. Aussi, pour conforter son choix, il peut se rapprocher de personnes qui vous connaissent davantage puisqu’elles vous ont côtoyé dans un environnement professionnel.

Le contrôle de références n’est pas réalisé pour chaque entretien. Néanmoins, c’est une pratique de plus en plus répandue. Cela signifie donc qu’elle concerne potentiellement tout le monde. Et qu’elle n’est pas forcément le signe que le recruteur doute de votre honnêteté. Si cela peut arriver pour quelques candidats, le contrôle de références sert davantage de complément d’informations à l’entretien réalisé.

Le recruteur a-t-il vraiment le droit de contrôler vos références

A cette question, la réponse est clairement OUI: le recruteur a le droit d’effectuer une prise de références. En revanche, il n’a pas tous les droits.

Le contrôle de références est prévu et encadré par le code du travail. Et la première chose à savoir et à retenir est que le recruteur est OBLIGÉ d’avoir votre accord avant de réaliser le contrôle de références.

👉 Ce que dit le code du travail: “tout employeur souhaitant s’enquérir des références d’un candidat doit préalablement lui demander l’autorisation” (art L1221-8 et L1221-9).

Et cet accord de votre part est nécessaire même si vous avez déjà mentionné des références dans votre CV, votre profil sur les réseaux sociaux professionnels ou autres.

⚠️ Le recruteur n’a pas le droit d’effectuer un contrôle de références sans vous demander votre accord ou si, justement, vous avez refusé.

Que peut demander le recruteur

Là encore, la loi délimite l’étendue des questions qui peuvent être posées par un recruteur lors du contrôle de références. L’objectif est d’éviter les dérives. Toutes les questions ne peuvent donc pas être posées.

👉 Ce que dit le code du travail: “Les informations demandées, sous quelque forme que ce soit, au candidat à un emploi ne peuvent avoir comme finalité que d’apprécier sa capacité à occuper l’emploi proposé ou ses aptitudes professionnelles. Ces informations doivent présenter un lien direct et nécessaire avec l’emploi proposé ou avec l’évaluation des aptitudes professionnelles” (art L1221-6).

Tant pour la prise de références que pour l’entretien d’embauche de manière générale, les questions posées par le recruteur doivent être directement liées à l’emploi à pourvoir. Et lui permettre de déterminer si le candidat a bien les compétences recherchées pour le poste.

Dans la (bonne) pratique, les questions du recruteur seront:

  • d’ordre factuel: poste occupé, durée du contrat, responsabilités confiées, résultats obtenus…
  • ouvertes pour ne pas influencer les réponses de vos référents.

De plus, le recruteur veillera à faire preuve de discrétion pour ne pas mettre en difficulté le candidat. En ce sens, il contactera d’anciens employeurs et non pas votre employeur actuel. A vous aussi de ne pas lui donner ce contact pour une prise de références.

⚠️ Le recruteur n’a pas le droit de demander à vos référents des informations d’ordre privé; par exemple sur votre santé, vos convictions politiques, religieuses ou encore votre vie familiale.

Comment bien préparer le contrôle de références

Anticiper: vous savez que le recruteur pourra vous demander votre accord pour un contrôle de références et qu’il faudra alors lui communiquer des référents. Réfléchissez donc, en amont de l’entretien, aux anciens collaborateurs que vous pourriez proposer. Non seulement vous aurez le temps de la réflexion à cette question délicate. Mais en plus, vous pourrez répondre spontanément au recruteur: vous paraîtrez préparé et confiant. Pour gagner du temps et montrer encore davantage votre capacité d’organisation et d’anticipation, apportez les coordonnées de vos référents pour les transmettre de suite au recruteur. Si ce n’est pas possible, engagez-vous à lui communiquer ces coordonnées par mail rapidement et tenez cet engagement: ça donnera également du poids à vos propos.

Varier les référents: ça ne serait pas pertinent de proposer uniquement les coordonnées d’anciens collègues. Le recruteur pourrait avoir l’impression de contacter vos “copains de bureau”. En plus d’un ancien collègue, vous pouvez prévoir un supérieur direct, comme un manager ou un chef d’équipe. Et dans l’idéal, un ancien patron. Les différentes relations de travail que vous avez entretenues avec eux, de par vos rapports hiérarchiques, permettront au recruteur de recueillir des informations variées et complémentaires. A noter que si vous n’avez pas ce type de contacts à mentionner, par exemple si vous êtes en début de parcours professionnel, vous pouvez notamment communiquer le contact d’un tuteur de stage.

Prévenir les référents: cela peut sembler évident et pourtant tous les candidats ne le font pas. Prévenir les personnes dont vous donnez les contacts à un recruteur présente pourtant plusieurs avantages:

  • reprendre contact avec d’anciennes relations professionnelles
  • vérifier que ces personnes sont d’accord pour être vos référents
  • leur permettre de se préparer et de réfléchir aux informations qu’ils vont transmettre au recruteur
  • s’assurer que leurs coordonnées n’ont pas changé

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